Jeudi 3 décembre 2009
4
03
/12
/Déc
/2009
02:00
Que d'images diverses ! Que de sujets à erreurs !
Dans ces conditions, tout homme soucieux de son repos – le repos est le seul bonheur qui vaille d'être acheté – doit subordonner sa conscience aux réalités de la loi. Ainsi, tout péril est
d'avance évité ; on ne se trompe plus, on marche dans la vie avec certitude, d'un pied ferme, en s'appuyant sur une conscience savante qui a tout prévu et qui punit tout.
Cette conscience ne vous dit pas seulement :
« Le vol est un crime, le meurtre est un crime, l'adultère est un crime, le faux est un crime. »
Elle va plus loin. Elle ajoute :
« Si tu voles, tu seras puni de telles peines ; si tu tues, si tu prends la femme d'autrui, si tu deviens faussaire, de telle et de telle autre peine. »
Rien d'imprévu, aucun tâtonnement. Les responsabilités sont définies et mesurées. La justice – à l'abri des caprices engendrés par la différence des tempéraments et par la mobilité des
impressions – a pesé d'avance chaque faute en lui assignant son étiage dans l'échelle des châtiments. Notons encore que, dans ce cas, les jugements de la conscience ne sont point perdus, qu'ils
entraînent des faits qui les consacrent. Si tel individu mérite la perte de sa liberté, il est emprisonné pendant un laps de temps calculé selon la gravité de sa faute. S'il a mérité la mort, la
conscience publique – on dit « la conscience publique » parce qu'elle est précisément la conscience de tous – la conscience publique reçoit immédiatement satisfaction. En aucun cas,
elle ne laissera volontairement échapper le coupable. Elle est en ceci supérieure aux consciences relatives, inspirées des églises ou des philosophies, et qui permettent aux scélérats de mourir
en repos, avec des respects inclinés autour de leur lit de mort – ce qui constitue un dangereux exemple autant qu'un scandaleux spectacle.
Par La voyante
-
Publié dans : Fantomes
0
Jeudi 3 décembre 2009
4
03
/12
/Déc
/2009
00:02
Je n'y contredis point. La conscience n'est pas un vain mot. J'ai une conscience, vous avez une conscience ; nous avons tous une conscience. Les bêtes seules n'en ont pas.
La conscience ! Voilà un terme très positif ; il n'offre rien de vague, il comporte une suite d'obligations, de devoirs, de responsabilités. C'est un des plus beaux mots du langage
humain.
Mais encore faut-il s'entendre.
Où reportez-vous la conscience ?
Quelle est son essence ?
Ou – pour mieux dire – quelles sont ses lois ?
Votre conscience diffère peut-être de la mienne ; vous pourriez alors vous tromper. Si vous ne conservez point pour base de tous vos jugements une règle certaine, – invariable, au moins
immédiatement avant et immédiatement après que vous jugez, – vous vous exposez à de continuelles erreurs, vous ne parvenez à rien d'absolu.
Il y a la conscience des chrétiens, la conscience des musulmans, la conscience des mormons, la conscience des guerriers anthropophages de Boulou-Pari. Il y a la morale qu'un homme crée lui-même,
qu'il puise dans ses réflexions, dans son expérience ; et il y a la conscience recueillie dans les leçons de l'enfance, reçue toute faite, et qui appartient au bagage scolaire de tout
bachelier dûment diplômé. Il y a la conscience des hommes et la conscience des femmes, fort dissemblables, l'homme prononçant le plus souvent selon son intérêt et la femme selon sa passion. Il y
a la conscience implacable et celle ouverte aux circonstances atténuantes. Qu'était Robespierre ? Une conscience, mais terrible. Qu'était Vincent de Paul ? Une conscience, mais
charitable. Un sculpteur représentera-t-il la Conscience impassible, austère, le bras levé pour le châtiment – ou douce, souriante, la main tendue en signe de pardon ?
Par La voyante
-
Publié dans : Fantomes
0
Jeudi 3 décembre 2009
4
03
/12
/Déc
/2009
00:00
Avec un peu de raison, par le renoncement à ce sentiment de préférence, source de tous ses tourments, il pouvait arriver sinon à l'unité juridique – ce qui impliquerait le règne impossible de la
fraternité universelle – du moins à une sorte d'harmonie entre les législations. Il lui eût suffi pour cela de tuer en lui la prétention des supériorités personnelles, de se soumettre, de
reconnaître loyalement, dans l'âge de raison, les faits accomplis, et d'abandonner sa conscience aux seuls jugements qui entraînent une consécration.
Il faut être bête à ramer des choux pour se torturer à plaisir, alors que tout s'accorde pour votre tranquillité. Ce sont évidemment des malades, les hommes assez faibles pour s'imposer à
eux-mêmes un tribunal imaginaire et des pénalités fictives. La vie n'est-elle donc pas assez difficile ? Les pénalités effectives ne sont-elles pas assez lourdes à ceux que leur mauvaise
fortune y expose ? N'est-ce pas une preuve de folie que cet acharnement à s'interpeller, à se frapper de sa propre main ?
Vous me direz : La conscience !…
Par La voyante
-
Publié dans : Fantomes
0
Mercredi 2 décembre 2009
3
02
/12
/Déc
/2009
23:59
Amour-propre national à part, je proclame que la plus équitable de ces lois mauvaises est la loi française. J'en trouve la preuve dans le témoignage constant de l'Europe : on nous suit, on
nous imite. Les quelques améliorations dont pourrait se targuer l'étranger ont passé par nos codes, ont été dans l'origine des vérités chez nous et, si nous sommes devenus plus pauvres, il n'en
faut accuser que l'extrême mobilité de nos institutions politiques. C'est chez nous qu'a été choisi le modèle, à tort ou à raison. Les législations qui se respectent partent du code Napoléon ou y
reviennent. Ce n'est pas une appréciation, c'est un fait.
Eh bien, je suis le fidèle observateur de la loi française.
Il est vraiment admirable que les hommes aient, dès les premiers âges, cherché une règle en dehors ou au delà de la loi proclamée. Pourquoi faire ? Dans quel but ? Par quel
mobile ? Est-ce par une perversité de leur nature ou en conséquence de cet instinct de révolte dont tout être pensant est atteint ? De là, les philosophies, aussi diverses, aussi
contradictoires que les lois ; de là les théories morales progressistes ou réactionnaires ; de là les systèmes et les coteries. De cet amas de formules le génie de l'homme n'a rien pu
tirer d'indiscuté. Nous en sommes encore au chaos, et ce chaos ne compte plus ses victimes. – L'homme n'a que ce qu'il mérite. C'est bien fait pour lui.
Par La voyante
-
Publié dans : Fantomes
0
Mercredi 2 décembre 2009
3
02
/12
/Déc
/2009
23:57
Amour-propre national à part, je proclame que la plus équitable de ces lois mauvaises est la loi française. J'en trouve la preuve dans le témoignage constant de l'Europe : on nous suit, on
nous imite. Les quelques améliorations dont pourrait se targuer l'étranger ont passé par nos codes, ont été dans l'origine des vérités chez nous et, si nous sommes devenus plus pauvres, il n'en
faut accuser que l'extrême mobilité de nos institutions politiques. C'est chez nous qu'a été choisi le modèle, à tort ou à raison. Les législations qui se respectent partent du code Napoléon ou y
reviennent. Ce n'est pas une appréciation, c'est un fait.
Eh bien, je suis le fidèle observateur de la loi française.
Il est vraiment admirable que les hommes aient, dès les premiers âges, cherché une règle en dehors ou au delà de la loi proclamée. Pourquoi faire ? Dans quel but ? Par quel
mobile ? Est-ce par une perversité de leur nature ou en conséquence de cet instinct de révolte dont tout être pensant est atteint ? De là, les philosophies, aussi diverses, aussi
contradictoires que les lois ; de là les théories morales progressistes ou réactionnaires ; de là les systèmes et les coteries. De cet amas de formules le génie de l'homme n'a rien pu
tirer d'indiscuté. Nous en sommes encore au chaos, et ce chaos ne compte plus ses victimes. – L'homme n'a que ce qu'il mérite. C'est bien fait pour lui.
Par La voyante
-
Publié dans : Fantomes
0